Le surnom fait froid dans le dos, et la réalité clinique n'est guère plus rassurante. Identifiée aux États-Unis dès les années 60, la maladie débilitante chronique (MDC) décime les populations de cervidés outre-Atlantique. Mais depuis 2016, ce n'est plus un problème lointain : le fléau a pris pied en Europe, notamment en Scandinavie, interrogeant chasseurs et scientifiques sur les risques d'une propagation vers le sud.
Un cerveau transformé en éponge
Cette pathologie, qui touche cerfs, élans, rennes et wapitis, appartient à la famille des maladies à prions, tristement célèbre depuis la "vache folle". Le mécanisme est redoutable : une protéine déformée contamine l'organisme et détruit progressivement le cerveau, le criblant de trous microscopiques. Les symptômes sont spectaculaires et macabres : perte de poids extrême, bave excessive, regard vide et démarche titubante, d'où l'appellation de "cerfs zombies". L'issue est fatale à 100 %, sans aucun traitement connu.
Le vrai danger réside dans la persistance du prion. Il résiste des années dans les sols ou la végétation, contaminant l'environnement bien après la mort de l'animal.
À lire aussi : Alpes-Maritimes : le président de chasse et le garde condamnés pour braconnage de chamois
L'Europe sous haute surveillance
Si la France n'a enregistré aucun cas à ce jour, la situation chez nos voisins du Nord est surveillée comme le lait sur le feu. La Norvège, la Suède et la Finlande ont détecté plusieurs cas, bien que les souches semblent différentes de celles d'Amérique, suggérant une apparition spontanée plutôt qu'une importation.
Quant au risque pour l'homme, aucune contamination n'a été prouvée, mais le principe de précaution prévaut : dans les zones touchées, tester le gibier avant consommation reste la règle d'or.