Dans le massif du Bargy (Haute-Savoie), le bouquetin est protégé, sauf quand l'administration panique. Le tribunal administratif vient de rendre un jugement sévère contre l'État, condamnant la préfecture pour des abattages réalisés en 2022. Une décision qui met en lumière les dérives d'une gestion de la faune pilotée par la peur plutôt que par la science.
Brucellose : La panique du Reblochon
Le fond du problème est sérieux : la brucellose circule dans le massif depuis 2012, menaçant les troupeaux bovins et la précieuse filière du reblochon. Mais face à ce risque, l'État a choisi la méthode du "bulldozer".
Là où les chasseurs prônent une régulation chirurgicale, la préfecture a ordonné des tirs massifs. Pire, elle a maintenu ces ordres alors même que la justice avait suspendu les arrêtés. Ce "passage en force" a conduit à l'élimination de plus de soixante animaux en quelques jours. Le bilan sanitaire ? Dérisoire. La grande majorité des animaux abattus étaient parfaitement sains.
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Une victoire offerte aux anti-chasse
En agissant hors du cadre légal, l'État a offert une victoire symbolique majeure aux associations environnementales. Ces dernières, indemnisées par la justice, peuvent désormais pointer du doigt l'incompétence de la gestion publique. C'est une leçon amère pour le monde cynégétique : la précipitation et l'idéologie (même sanitaire) ne font pas bon ménage avec la nature. À force de vouloir "tout aseptiser" sans discernement, on finit par braquer l'opinion publique contre toute forme de régulation, même nécessaire.
L'importance de l'identification
Ce fiasco rappelle une règle d'or que tout chasseur respecte : on ne tire pas sans identifier. Gérer une épizootie demande du temps, de la patience et surtout une observation méticuleuse pour ne prélever que les animaux cibles.
L'État a voulu aller trop vite, et c'est finalement la crédibilité de la gestion sanitaire qui en paie le prix fort aujourd'hui.